Une séparation bouleverse beaucoup de choses : le logement, l'organisation du quotidien, et souvent aussi les finances. Un crédit immobilier, un prêt auto ou un crédit travaux souscrits à deux ne disparaissent pas parce que le couple se sépare. Pourtant, c'est l'un des sujets que l'on repousse le plus, alors qu'y voir clair rapidement permet d'éviter des tensions supplémentaires.
Voici une méthode simple, en 5 étapes, pour faire le point sur votre budget et sur les crédits encore communs.
Ce point surprend beaucoup de personnes. Quand un crédit a été souscrit à deux, chaque emprunteur est en principe engagé envers la banque pour la totalité de la dette (c'est ce qu'on appelle la solidarité, prévue dans la plupart des contrats : vérifiez le vôtre).
Concrètement :
la séparation, le divorce ou la fin d'un PACS ne modifie pas, à lui seul, votre engagement envers l'organisme prêteur ;
un accord entre ex-conjoints (« tu paies le prêt auto, je paie le crédit conso ») ou une décision du juge règle la répartition entre vous, mais la banque n'est pas obligée de le suivre ;
si l'un des deux cesse de payer, la banque peut se tourner vers l'autre, et un incident de paiement peut avoir des conséquences pour les deux.
L'essentiel : ne laissez jamais une échéance impayée sans en parler, ni à votre ex-conjoint, ni à votre banque.
Prenez une feuille ou un tableau et listez tous les engagements, communs ou personnels :
crédit immobilier ;
prêt auto, crédit à la consommation, prêt travaux ;
cartes et réserves d'argent renouvelables (revolving) ;
découverts et comptes joints ;
cautions éventuelles (par exemple pour un prêt de proche).
Pour chacun, notez : le capital restant dû, la mensualité, le taux, la durée restante, le nom des emprunteurs, l'assurance et les garanties. Ces informations figurent dans l'offre de prêt ou dans le tableau d'amortissement, que votre banque peut vous fournir.
Cet inventaire donne une vision claire de ce que vous devez au total et de ce qui est à votre nom, au nom de l'autre, ou aux deux.
Vos revenus et vos charges ont changé : un seul salaire, un nouveau loyer, des frais de garde, une pension alimentaire versée ou reçue, des allocations qui évoluent. Reprenez votre budget à zéro :
Revenus : salaires, prestations familiales et sociales, pension alimentaire éventuelle, autres revenus ;
Charges fixes : loyer ou mensualité du logement, énergie, assurances, transports, téléphone, garde des enfants ;
Remboursements de crédits : toutes les mensualités dont vous restez responsable ;
Reste à vivre : ce qui reste après toutes ces dépenses, pour l'alimentation, les loisirs et les imprévus.
À titre de repère souvent cité, on considère qu'il vaut mieux ne pas consacrer à ses remboursements de crédits plus d'environ un tiers de ses revenus. Chaque situation est différente : l'important est de savoir si votre budget tient sur la durée, pas seulement ce mois-ci.
Selon votre situation, plusieurs pistes existent. Elles dépendent à la fois de votre accord avec votre ex-conjoint et du consentement de la banque.
Continuer à rembourser à deux. C'est la solution la plus simple à mettre en place, à condition de formaliser la répartition par écrit. Elle maintient toutefois un lien financier entre vous.
Faire reprendre le crédit par un seul des deux. L'un des emprunteurs reprend la dette à son nom (on parle de désolidarisation). La banque étudie alors la capacité de remboursement de la personne qui reste, et peut accepter ou refuser. Pour un bien immobilier, cela s'accompagne souvent d'un rachat de part (soulte).
Rembourser par anticipation. Par exemple en cas de vente d'un bien ou de partage de patrimoine. Les conditions et les éventuelles indemnités dépendent du contrat.
Étudier un regroupement de crédits. Il consiste à réunir plusieurs crédits en un seul, avec une seule mensualité. Selon la situation et les conditions obtenues, il peut permettre de remettre vos remboursements à plat et d'alléger votre mensualité globale. Attention : une mensualité plus basse s'obtient souvent en allongeant la durée, ce qui peut augmenter le coût total du crédit. Cette piste se prépare donc avec un conseiller, en comparant les chiffres avant de décider. Pour des crédits souscrits à deux, elle implique en général l'accord des deux emprunteurs ou une désolidarisation préalable.
Arrêter de payer parce que « c'est à l'autre de le faire » : la banque peut se retourner contre vous.
Rester sans réponse : plus on attend, plus les solutions se réduisent.
S'en tenir à un accord oral : mettez par écrit qui rembourse quoi.
Oublier l'assurance emprunteur et les garanties liées au prêt.
Fermer le compte joint alors que des échéances y sont encore prélevées.
Souscrire un nouveau crédit dans l'urgence sans avoir comparé les offres.
Une séparation touche plusieurs domaines, et personne ne peut tout traiter seul :
un avocat ou un notaire pour le partage du patrimoine et les aspects juridiques (notamment pour un bien immobilier) ;
votre banque, pour connaître les possibilités sur vos crédits en cours ;
un courtier en crédits, pour étudier un rachat ou un regroupement et comparer les solutions de financement.
Cet article a un but d'information générale. Il ne remplace pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé.
Chez Credya, nous accompagnons les particuliers de Reims, de la Marne et de toute la Champagne-Ardenne. L'étude de votre situation est gratuite et sans engagement, et se fait avec écoute et discrétion.
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Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager. Le regroupement de crédits peut allonger la durée de remboursement et augmenter le coût total du crédit.
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